Journée internationale des personnes handicapées 2007
La Communauté Internationale, depuis 1990, consacre la journée du 3 Décembre de chaque année à une méditation sur l’état des personnes handicapées dans le monde et particulièrement en Afrique. Comme il est de tradition, le Cameroun s’est joint aux autres Etats de la planète, le 03 Décembre dernier pour célébrer les dites manifestations. Les Départements du Moungo, du Nkam et du Haut-Nkam, rayons d’actions actuelles de notre Mouvement, n’ont pas manqué à l’appel.
En effet, de Bafang (chef lieu du département du Haut-Nkam) à Yabassi (chef lieu du Nkam )en passant par Nkongsamba , les handicapés moteurs, les malvoyants, les sourds-muets, et autres handicapés sensoriels se sont mobilisés pour donner à cet événement, un cachet particulier.
A Nkongsamba, c’est pratiquement à une semaine d’activités que nous avons eu droit, sous l’organisation et l’impulsion de Mosoh Cameroun. Ouverte par une cérémonie de remise des dons par l’Association des épouses des autorités administratives du Département à l’ U.A.D.V.C. (Union des Aveugles et Déficients Visuels du Cameroun), dont le Président est Romain KAMAJOU.
Les manifestations ont atteint leurs cimes dans la journée du 03 décembre, lorsque des montagnes du Nlonako, du Manegouba, de Ngalmoa, de Badjoki , d’Ekangté, de Ndongmoa… les handicapés ont déambulé par vagues pour se retrouver au Centre social de la ville, point de départ des manifestations.
Alors que l’après midi venait à peine de commencer, ces boiteux multiformes se retrouvaient dans la salle des fêtes de la commune d’Arrondissement de Nkongsamba, pour une table ronde dont le thème de réflexion était « un travail décent pour la personne handicapée ». Autour de la table, outre les autorités administratives dont le chef du Centre social, on retrouvait le Coordonnateur National De Mosoh Cameroun, Me DAKEYI.
Les différentes autorités se succèderont, pour rappeler à la conscience de l’auditoire l’historique de cette journée, son importance pour les Nations Unies, et le Cameroun en particulier. Elles feront ressortir les différentes actions entreprises par le Gouvernement et l’Etat camerounais depuis lors, tant au plan juridico-legal, qu’à celui de la création, de la réhabilitation et de l’assistance aux structures et institutions spécialisées sur les questions liées aux personnes handicapées.
Intervenant le dernier, Me Dakeyi va percer les abcès en privilégiant dans ses réflexions, deux grands axes :
- Les conditions à réunir par les handicapés pour prétendre à un travail décent ;
- Le rôle essentiel des associations dans ce qu’il nommera la nouvelle approche.
Sur le premier point, trois idées majeures seront mises en exergues :
D’une part, la nécessité de la rééducation et des soins appropriés pour mettre le handicapé debout, les impératifs de l’instruction scolaire et de l’éducation de l’enfant, et enfin l’incontournable condition de la formation professionnelle adaptée qui seules, socialisent le handicapé longtemps enfermé et lui donnent le pouvoir, celui de rêver d’une vie autonome.
D’autre part, Me Dakeyi a insisté sur le rôle très important que l’Etat doit jouer dans ce processus et devra déterminer sa contribution.
En effet, l’Etat a tout à y gagner aux plans politique, économique, social et culturel. En revanche, son inaction s’identifie à l’abandon, à la démission voir à l’irresponsabilité.
Pour se faire le budget du Ministère des Affaires Sociales doit cesser d’être une étoile dans un océan de misère, qui ne parait que le temps de la rose. Il doit refléter une ferme volonté politique de voir changer fondamentalement la situation des personnes handicapées dans notre pays.
Pour le reste les associations doivent être des lieux de rassemblement, d’information, d’éducation et de formation des personnes handicapées. Elles doivent être des lieux de réflexion, de conception d’idées et de projets individuels ou collectifs au profit de leurs membres Elles doivent être des structures de formation et d’apprentissage, des centres d’impulsion et de diffusion des droits.
Les associations doivent servir d’intermédiaires, de portes paroles, d’interface entre différents partenaires et les personnes handicapées qu’elles encadrent, et être surtout pour ceux-ci des conseillers sur tous les plans. Elles doivent éviter d’être un conglomérat d’individus en attente d’aides permanentes et cesser d’être un passe droit pour des individus ou institutions en quêtes d’autres affaires ou activités parfois illicites.
En somme, les associations doivent se consacrer à l’étude de ce secteur social, très sensible, les personnes handicapées où tout est faire et où l’on a à peine ouvert les yeux.
Ces missions assumées, il restera à l’Etat et à ses partenaires, à sortir de ces jeux de boni menteur où l’on reprend de la main gauche, ce qu’on a offert de la main droite. A ce prix, le concept d’emploi décent trouvera, pour les personnes en situation de handicap au Cameroun, un sens, une visibilité et une lisibilité
Pour clôturer la journée, une soirée culturelle a été organisée par l’ensemble des associations existantes ici, au cours de laquelle sketchs, play-back et autres danses modernes et traditionnelles ont été exhibées et c’est au cœur de la nuit que les manifestations ont pris fins.
Oh ! Lecteur de ce message, comment cet événement a-t-il été célébré dans votre localité ? Pays ?
MOSOH CAMEROUN, NKONGSAMBA
DECEMBRE 2007
Me Athanase DAKEYI
Vous pouvez lire les dernières actualités ou consulter la liste de toutes les actualités.

