Bilan administratif et financier 2007
Pour mieux cerner le bilan de cette année 2007, il convient de rappeler les axes majeurs que nous nous étions fixés au terme de l’année 2006.
Sept points figuraient sur notre feuille de route et seront développés dans le bilan :
I. LE FONCTIONNEMENT QUOTIDIEN
II. SENSIBILISATIONS ET INFORMATIONS
III. DES RAPPORTS AVEC LES AUTRES
IV. RECHERCHE DE PARTENARIAT
V. INSERTION SOCIO – PROFESSIONNELLE
VI. L’EDUCATION
VII. L’AMELIORATION DE LA GESTION ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE DE MOSOH CAMEROUN
I – LE FONCTIONNEMENT QUOTIDIEN
En objectif majeur, Mosoh Cameroun s’était fixé pour mission première de réussir à garder ses locaux ouverts et de se constituer comme une véritable structure opérationnelle de réflexion sur le handicap et la personne handicapée, comme un centre de recherche des solutions viables aux divers problèmes jonchant l’existence du handicapé. Cette mission, nonobstant les difficultés projetées, a été tenue : les portes des bureaux de l’association sont demeurées, tout au long de l’année ouvertes. Nous y avons reçu, conseillé, orienté, aider nos membres aveugles ou mal voyants, atteints de maladies mentales, des amputés, paraplégiques, des anciens lépreux, et même des handicapés psychomoteurs.
Des solutions adaptées à chaque cas ont été apportées aux bénéficiaires qui, dans une large proportion en ont fait bon usage : c’est ici, le lieu de féliciter de façon solennelle Mesdames DONGMO née MAKOUTEU Nadine, SADOU née TCHIMTCHOUA Catherine, MATOUKAM Viviane pour la permanence qu’elles ont assuré durant toute l’année, et de M. DJAMPA Louis Blondo pour ses aides et sa disponibilité ; Mlle MAFFO FOTSO Hélène, Etudiante en Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, pour le concours qu’elle nous a apporté lors de son stage à Mosoh Cameroun de Juillet à Octobre 2007.
II –SENSIBILISATIONS ET INFORMATIONS
Le second objectif majeur de notre feuille de route mentionnait l’intensification de la campagne de sensibilisation et d’information sur Mosoh Cameroun, la personne handicapée et le handicap.
L’année 2007 fut marqué par l’arrivée de deux français, Olivia DEMAIN, Etudiante à l’Université March Bloch de Strasbourg pour son stage de Master Pro au sein de l’association, et Samuel SACHOT, Coordonnateur de projet de développement.
Leur séjour a comblé la campagne de sensibilisation et d’information que nous avions lancé du 03 février au 24 mars et qui a touché tous les villages de l’Arrondissement de Nkongsamba. Nous avons touché les autorités traditionnelles et religieuses, les personnes handicapées et leurs familles dans les fins fonds de leurs villages respectifs. Ainsi, Ngalmoa, Badjoki, Tsinga, Ekambeng, Baressoumtou, Ndongmoa, Ehalmoa, Ekolko’o… ont été tour à tour visités, avec l’appui aimable de Mr le Sous-préfet de l’Arrondissement de Nkongsamba, Monsieur NDONGO ZOMO. Pendant le même séjour, nous avons visité des « démembrements » de Mosoh Cameroun à Bafoussam, Fotouni, Bandja, Bafang Centre, Manjo et Njombé.
Au cours des tournées organisées, il est ressorti que la considération psychosociale du handicap et de la personne handicapée est sérieusement négative. L’image collée à celle-ci fait du handicapé « un sorcier », « un marabout », « un apporteur de malchance » bref un oiseau de mauvaise augure. Le handicap pour sa part est apparu non causé par un accident de vie, mais par la coutume, les pratiques de sorcellerie…
Notre mission a donc consisté chaque fois à enseigner que la vraie cause du handicap est soit la maladie, soit l’accident ; que le handicapé loin d’être sorcier, oiseau de mauvaise augure… est un être humain dont le droit à la vie, à un nom, à un patrimoine, aux actes d’Etat Civil, à la formation et à un emploi existe et doit, sous peine de sanctions civiles et pénales, être respecté.
Pendant la même période, nous avons produit et distribué de façon gratuite, des centaines de dépliants, des copies des lois, décrets, circulaires… régissant la vie et la protection du handicapé au Cameroun.
Cette phase a été couronnée par l’Assemblée Générale du 24 mars 2007, réunissant plus de 250 membres présents, 60 membres représentés, de même qu’une trentaines d’autorités traditionnelles et religieuses et des parents non handicapés.
Après cette période très intense de travail, le ton a baissé et c’est à travers les dépliants, conférences et émission radio diffusées que nous avons achevé l’année 2007.
L’effet produit immédiatement, au 18 novembre, c’est la croissance en effectif de l’association qui cette année, s’est accrue de 130 nouveaux membres pour passer de 589 (au 31 décembre 2006) à 719 adhérents (au 18 novembre 2007), soit une croissance de 22%.
Enfin, en plus des documents informatifs sur l’association, Mosoh Cameroun a confectionné un dépliant respectable et s’est ouvert un site sur le web. www.mosohcameroun.org.
Il y a lieu ici et sur ce point, d’adresser à Monsieur NDONGO ZOMO, Sous-préfet de l’Arrondissement de Nkongsamba, nos sincères remerciements pour le conseil, l’aide multiforme qu’il nous a apporté pour la réussite de cet aspect de notre action de même qu’à nos stagiaires et partenaires.
III - DES RAPPORTS AVEC LES AUTRES
Au niveau administratif, un constat s’impose : il y a une évolution sensiblement positive. Toutes les administrations contactées par notre association dans une collaboration ou un appui technique ou moral se sont montrées participatives. L’Administration Territoriale, la Santé, l’Education, l’Agriculture, les Finances se sont montrées très solidaires de notre œuvre et nous ont apporté chaque fois l’appui requis.
A ce sujet, nos remerciements les plus sincères vont à Monsieur le Préfet GAMBO HAMAN et ses collaborateurs pour la grande ouverture dont ils ont fait preuve en 2007, à notre égard.
Cependant quelques réserves doivent, dans les rapports avec les associations sœurs être relevées et dénoncées. Au lieu de fonctionner dans une complémentarité utile et indispensable au bien être de la personne handicapée, certaines associations vivent dans un état de suspicion et de dénigrement.
Au plan national et international, il y a lieu de se féliciter des liens établis avec :
- la société civile Camerounaise notamment le MHC (Mouvement des Habitants du Cameroun), le RIPAC ;
- les organismes d’appui à la réhabilitation et à la rééducation de la personne handicapée (les Centres de Santé de Bafoussam, Nkongsamba, Manengolè, Douala et Njinikom) ;
- avec l’AHMAC, le CEPHRAGE (Baham) et la FENAHCAM que nous nous battons pour ressusciter ;
- la Fondation LILIAN (ONG Néerlandaise), l’Université March Bloch de Strasbourg, la congrégation des prêtres du Sacre – Cœur de Jésus.
Il y a un véritable espoir dans ces liens, l’espoir d’un lendemain différent et meilleur. Tout comme précédemment, nos remerciements vont tout droit à Olivia DEMAIN, Samuel SACHOT et tous ceux qui, de près ou de loin, ici et là bas contribuent à faire connaître notre association, ses actions, espoirs, difficultés et pistes de solutions. Ces actions se poursuivront en 2008.
IV – RECHERCHE DE PARTENARIAT
Comme vous l’atteste le précédant paragraphe, les liens établis ou en cours de négociation sus évoqués montrent que la recherche de partenariats solides et constructifs pour mettre debout le handicapé à Mosoh Cameroun a été une réelle préoccupation au cours de l’année 2007.
Il en va de même de la quantité de projets rédigés ou en cours de rédaction, montés ou en cours de montage qui attendent pour les année futures, les appuis financiers ou matériels pour décoller : Appuis matériel et financier à la rentrée scolaire, Apiculture, Artisanat, Elevage, Centre Multi Services, Couture, Maison des Personnes Handicapées, Call Box…).
Pour la majorité de ces projets (sous la supervision de notre comité de gestion), il s’agit de micro-projets générateurs de revenus et d’emplois, initiés par de petits groupes de membres de Mosoh Cameroun, dont la réalisation constituerait une victoire sur le handicap puisqu’elle déboucherait sur l’insertion socio-économique des concernés et sur une grande avancée vers une vie autonome.
V – INSERTION SOCIO - PROFESSIONNELLE
L’insertion socio- économique et professionnelle comme précédemment dit, a fait l’objet, au cours des douze derniers mois, de réflexions approfondies et de projets montés et déposés auprès des bailleurs de Fonds. Nos plus grands espoirs reposent sur leurs éventuels financements.
En plus de cette action, Mosoh Cameroun, avec l’appui des plus hautes autorités Administratives et Politiques du département du Moungo, a entrepris une action en vue du recrutement des handicapés compétents et formés dans les structures de l’Etat et dans les sociétés privées. A cet égard, si certains de ces dossiers restent encore en attente, il y a lieu de se féliciter du recrutement déjà, des premiers dossiers présentés et défendus auprès de nos partenaires économiques du secteur privé. Il y a aussi, beaucoup d’espoir de ce côté.
Enfin, notons qu’au cours de l’Assemblée Générale du 24 mars 2007, cette préoccupation a fait l’objet d’un exposé présenté par Monsieur le Délégué du Minpladat du Moungo (Ministère de la Planification, du Développement et de l’Aménagement du Territoire), au terme duquel de grandes résolutions ont été prises pour facilité l’insertion économique de nos membres dans la société.
La lacune ou la déception à ce sujet, risque de provenir plutôt des personnes handicapées elles-mêmes, qui, habituées à tendre la main, et à recevoir, se refusent à tout effort de formation ou d’apprentissage d’un métier. C’est pourquoi, à travers ces notes, nous lançons un vibrant appel à tous les mal voyants, a tous les sourds-muets, à tous les handicapés physiques, afin qu’ils se rapprochent de nos services à la maison provisoire des personnes handicapées, siège de Mosoh Cameroun, pour qu’ensemble nous recherchions solution à cette épineuse question, indépendamment de leur appartenance ou non à notre association. Notre avenir commun en dépend.
VI - L’EDUCATION
L’un des axes majeurs de l’action de Mosoh Cameroun a toujours été et demeure l’éducation, à laquelle se greffe utilement la formation.
En 2005, 76 écoliers, élèves et étudiants handicapés ont été scolarisés grâce à l’appui de Mosoh Cameroun.
En 2006, ils étaient 220.
Ils sont pour la rentrée 2007 – 2008 au nombre de 268 enfants et jeunes handicapés à prendre le chemin de des écoles et des amphis théâtres.
Il faut noter, avec l’explosion de ces chiffres, l’amélioration quantitative et qualitative, des handicapés postulants à l’enseignement supérieur et aux grandes écoles : s’il n’y en avait pas en 2005, ils étaient 08 en 2006. En 2007 ils sont 22. Leurs statistiques exhaustives vous sont présentées dans le rapport fin septembre 2007.
Ces chiffres montrent à souhait l’impact de la sensibilisation, de l’éducation et de l’information des masses que nous avons engagé. Et il nous faut, ici remercier et féliciter Mrs les Délégués de l’éducation de base et des enseignements secondaires de nos trois Départements du Moungo, du Nkam et du Haut-Nkam pour leurs actions salutaires en cette direction. Il convient aussi de féliciter et remercier nos autorités gouvernementales pour l’application efficiente de la circulaire n° 314/…du 02 Août 2006 et exprimer le vœux que de telles mesures soient étendues aux autres secteurs notamment l’emploi et la formation professionnelle, la santé, l’enseignement supérieur, le transport…
Cependant, la sortie du fond des cases de ces enfants et adolescents handicapés pose de gros problèmes : outre l’inaccessibilité des salles de classes, l’inadaptation des chaises et bancs dans ces salles, l’absence de spécialisation pour les enseignants dans la dispense des cours aux aveugles, sourds-muets et autres grands handicapés physiques…, l’inadéquation du temps imparti dans la rédaction des épreuves aux examens, il y a l’épineux problème de leur dotation en matériels appropriés afin de faciliter leur insertion en milieu scolaire : fauteuil roulant, béquilles, tricycles, canne blanches, ordinateurs… Tous des objets importés dont le coût ferait méditer même les plus insensibles. Une grande réflexion doit être engagée dans cette voie au risque de voir s’annihiler le produit de tant d’efforts et de sacrifices. Nous nous y attellerons au cours de l’année 2008.
De même la formation de tous ceux et toutes celles qui ont abandonné le chemin de l’école doit se réaliser. A cet égard, si la construction de la Maison du handicap de Nkongsamba constitue la première étape des solutions, il reste qu’à terme, seule l’édification, l’équipement et la mise en fonction du Centre de Formation Professionnel de Mosoh Cameroun en constitue la solution idoine.
VII - L’AMELIORATION DE LA GESTION ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE DE MOSOH CAMEROUN
Comme tout projet nouveau, Mosoh Cameroun au début de 2006, prenait les engagements pour une bonne gouvernance administrative et financière. Pour parvenir à cette double fin, nous avons crée au sein de notre organisme la commission justice et solidarité dont les missions visaient à donner aux personnes handicapées, victimes d’abus, de discriminations, de violence physiques et/ou morales, de trouver un lieu d’écoute, de conseils et éventuellement d’actions réparatrices ou pénales. Cette commission devait déposer au bureau exécutif, un rapport annuel avec des recommandations fortes pour action. Hélas elle éprouve des difficultés à démarrer. Il conviendra pour 2008 de la réactiver.
Par ailleurs, la gestion quotidienne a été améliorée par l’acquisition et la mise à disposition de différents registres :
- Le registre chronologique où s’enregistrent les nouvelles adhésions à l’association ;
- Le registre du Bureau Exécutif National, pour les rapports de ses réunions mensuelles ;
- Le registre du Bureau Exécutif National pour les contributions normales et exceptionnelles à la vie de l’association ;
- Le registre comptable où sont tenues les questions liées aux finances ;
- Le registre du quotidien qui enregistre au jour le jour, les événements, visite, don mouvements financiers, réalisés à Mosoh Cameroun.
En fin, à côté du bureau exécutif et des responsables désignés à la tête de différents projets et sur conseils de nos différents partenaires, a été mis en place, le comité de gestion dont la mission non seulement, au delà de la présentation technique du bilan financier de l’association, consiste a accompagner tous les projets crées dans leur marche vers le progrès. Notons qu’en son sein, siège obligatoirement un comptable de formation et qu’il est présidé par le président de la commission des projets.
Fait à Nkongsamba, le 4 décembre 2007
Athanase DAKEYI
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